Le premier Centre du pardon national francophone ouvre ses portes à Montréal


MONTREAL, QC, le 25 nov. /CNW/ Le premier centre du pardon à but non lucratif au Canada, dont l'objectif est de répondre aux besoins d'une clientèle anglophone et francophone, a ouvert ses portes à Montréal.

Fondé en vue de devenir un lieu d'éducation et de documentation, le Centre national du pardon a ouvert ses portes au 2000, rue Peel, bureau 650, le 1er octobre 2002. Le nouvel organisme aide les gens à faire retirer d'anciennes accusations criminelles de leur dossier public et facilite le processus d'obtention de pardons au Canada et de levée d'interdiction d'entrée aux États-Unis pour les Canadiens francophones et anglophones.

"Le Centre national du pardon a été créé à Montréal dans le but d'aider de façon pratique les gens qui souhaitent faire disparaître certains obstacles dans leur vie", déclare Michael Ashby, directeur, originaire de Montréal. "Il s'agit d'un service qui se devait d'être amélioré afin de répondre de façon efficace et économique aux besoins des francophones du Canada", poursuit-il. "Et nous avons reconnu le besoin d'informer les gens à propos des risques liés à la présence d'anciennes accusations dans leur dossier. Par exemple, à un moment où les procédures d'entrée aux États-Unis deviennent de plus en plus strictes, plusieurs Canadiens ont de la difficulté à entrer aux États-Unis."

Les Canadiens ont eu un exemple choc de la sécurité accrue aux frontières. Un Québécois de 32 ans a été libéré après avoir passé huit semaines dans une prison américaine, après avoir été accusé de traverser la frontière illégalement, afin d'acheter de l'essence à rabais. L'homme avait des antécédents criminels (il a été reconnu coupable à 19 ans d'avoir fracassé des fenêtres et d'être en possession de biens volés). Avant sa libération par les autorités américaines, le Québécois a été tenu de déposer une caution de 5 000 $. Il devra retourner aux États-Unis pour son procès.

Toute condamnation criminelle, même mineure et même si elle a été commise il y a longtemps, demeure dans le dossier criminel de la personne reconnue coupable et est conservée dans les fichiers du Centre d'information de la police canadienne (CIPC). M. Ashby explique que le fait qu'une personne ait un dossier criminel peut être révélé à tout organisme qui procède à une vérification en ce sens (dont le FBI, qui est relié par informatique au CIPC) et peut retarder divers processus, dont des voyages à l'étranger, le travail bénévole ou des possibilités d'étude ou d'emploi.

"Un dossier criminel peut restreindre énormément les perspectives d'emploi d'une personne. Pensez à n'importe quel poste dans la fonction publique ou en garderie, ou dans les domaines des services bancaires, de la comptabilité, des services juridiques, de la médecine ou des soins dentaires; une marque à côté de votre nom au cours d'une vérification d'antécédents criminels et vous ne pourrez l'obtenir", affirme M. Ashby. "A ce point, peu importe ce que vous avez fait. Si vous avez déjà fait l'objet d'une accusation criminelle par le passé, c'est réglé. Fin de la discussion. Dans plusieurs cas, ce n'est pas une question de politique interne. C'est tout simplement la loi", ajoute-t-il.

La loi qui régit les pardons au pays, la Loi sur le casier judiciaire, précise que seule la Commission nationale des libérations conditionnelles a le pouvoir d'émettre, d'accorder ou de refuser des pardons au Canada. Mais M. Ashby compare le processus à celui d'une personne qui fait une demande afin de produire sa propre déclaration de revenus, à la différence près que le processus s'étend sur deux ans, et exige de traiter avec plusieurs organismes gouvernementaux, plutôt qu'avec un seul.

"Au Centre national du pardon, nous pouvons gérer l'ensemble du processus au nom du client, nous assurant ainsi que la demande est traitée avec précision, efficacité et célérité", a-t-il expliqué.

Warren Allmand, ancien Solliciteur général du Canada sous Pierre Trudeau, a joué un rôle de premier plan dans le développement d'un programme de pardon au début des années 1970. Il siège au conseil consultatif du Centre national du pardon.

Cofondatrice et présidente du Centre national du pardon, Nicole Lévesque, détient une maîtrise en gestion d'organismes sans but lucratif, de même qu'un baccalauréat en criminologie et en sociologie. Elle a travaillé dans le système carcéral de la Jamaïque, de même qu'en Angleterre, dans le domaine de la réinsertion sociale d'anciens détenus. Son expérience lui a montré les avantages inhérents au fait d'aider les gens à profiter d'un nouveau départ, sans tache.

"J'ai constaté que plus les gens ont d'occasions et de possibilités dans leur vie, moins ils sont sujets à commettre un nouveau délit. Je crois que notre programme est excellent en ce sens. Vous avez fait des erreurs. Vous avez prouvé par la suite que vous pouviez vivre en bon citoyen et éviter tout problème. Le gouvernement offre cette possibilité (de pardon), et je crois que les gens devraient en profiter", déclare Mme Lévesque.

Une fois qu'il est accordé, le pardon fait en sorte que le dossier criminel de la personne est conservé séparément des autres dossiers criminels. Toute information relative à la condamnation de la personne est retirée du CIPC, ce qui signifie que toute re cherche dans le CIPC n'indiquera pas que cette personne a déjà eu un dossier criminel. Il n'indiquera pas non plus que celle-ci a reçu un pardon, ce qui montrerait qu'elle a déjà été condamnée.

Renseignements : Michael Ashby, directeur,
Centre du pardon national, (514) 842-2411

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